Faits divers : Toute une ville en soutien au collège Lakanal

Lundi 12 octobre au matin, un élève scolarisé en classe de 3e a fait irruption, muni d’une arme, au sein du collège Lakanal, avant d’ouvrir le feu sur le principal de l’établissement et sur une enseignante, qu’il a tous deux grièvement blessés.

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Les équipes pédagogiques ont réagi avec un sang-froid exemplaire pour mettre aussitôt l’ensemble des enfants en sécurité. L’auteur des tirs a pu être appréhendé par le CPE de l’établissement. Une cellule d’urgence médicopsychologique a été immédiatement déployée sur place pour accompagner les élèves, leurs familles et les personnels éducatifs.

Immédiatement sur les lieux, le maire Jean-Pierre Squillari a tenu à saluer le courage remarquable des forces de sécurité, de secours (policiers nationaux et municipaux, gendarmes, sapeurs-pompiers) ainsi que du personnel éducatif dont la réactivité a permis d’éviter un bilan plus lourd : « L’effroi et la douleur qui traversent notre territoire nous touchent toutes et tous, en tant qu’Aubagnais, en tant que parents. Bon nombre d’entre nous côtoient chaque jour ces adolescents, leurs familles et la communauté éducative. Aubagne n’accepte pas et n’acceptera jamais qu’une telle violence s’immisce dans l’école de la République. Plus que jamais, nous formons une même communauté de travail, de valeurs et de destin. »

Dans l’après-midi, Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, accompagné de Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, et Sabrina Agresti-Roubache, ministre déléguée chargée de la Formation professionnelle et de l’Apprentissage, réagissait au drame : « Le collège Lakanal est absolument remarquable dans sa politique de prévention et il est connu comme tel. C’est un collège dont les équipes sont également remarquables : la façon dont ses membres ont réagi, en neutralisant l’élève, dont ils se sont portés au secours de leurs élèves alors même que certains avaient leurs enfants dans le collège, en pensant d’abord à leur classe, est absolument exceptionnelle. »

Le lendemain, mardi 13 octobre, habitants, parents, enseignants et citoyens se rassemblaient sur le cours Foch. L’occasion pour chacune et chacun d’exprimer son émotion, son indignation et l’inquiétude suscitées par cet événement, mais aussi de réaffirmer une exigence collective : celle de pouvoir étudier et travailler dans un environnement serein et sécurisé.

Témoignages

CLAUDINE
« Je suis très choquée par cette violence ambiante, par le fait que cela se passe dans notre ville, si tranquille, si agréable, et aussi par le jeune âge du protagoniste. Ma dernière petite-fille a 14 ans, cela résonne étrangement. Je pense que les réseaux sociaux auraient besoin d’un recadrage. Je
ne suis pas foncièrement contre, il y a des choses intéressantes, mais il y a aussi une certaine dérive. Je pense que les très jeunes enfants sont influencés de façon négative et les parents devraient mieux contrôler ce qui s’y passe. »

MICHELLE
« Je suis là pour défendre cette jeunesse qui se bat et qu’on n’écoute plus. On en arrive à des situations extrêmes, avec ce gamin qui tire sur les enseignants, avec ces enfants qui ont peur. Il n’y a plus de dialogue, c’est assez désespérant. Je suis venue soutenir Monsieur le maire, nos enfants et tous les parents. Ce drame s’inscrit dans un cycle de non-communication. Lorsqu’un jeune en arrive à venir tirer sur ses collègues, c’est qu’ils ne se parlent plus, c’est qu’il y a des failles quelque part. »

JOHANES
« Je suis présent auprès de mes collègues en tant qu’enseignant, professeur de lettres et d’histoire à La Ciotat, et j’ai aussi des missions syndicales pour le SE-UNSA. J’ai une très forte émotion par rapport à cet établissement où j’ai passé ma scolarité, ainsi que mes deux enfants. Cette violence peut s’expliquer par des difficultés à prendre en compte la santé mentale des jeunes. Les moyens ne sont pas mis pour accompagner les jeunes dans les écoles primaires, les collèges ni les lycées. Il manque d’assistantes sociales, de psychologues de l’éducation nationale, ces personnels capables de découvrir les signaux faibles qui peuvent amener à des évènements dramatiques. »

RAFIKA
« Je suis Aubagnaise et j’ai deux enfants scolarisés à Aubagne. J’ai découvert cet évènement à la télé, et entendre parler d’Aubagne de cette manière a été un traumatisme. Des actes comme celui-ci, on les voit toujours ailleurs, aux États-Unis, où ce n’est pas la même culture qu’ici. Mais dans une ville paisible comme la nôtre, c’est très choquant. On a peur pour nos enfants, tout simplement, parce qu’on se dit que ça n’arrive pas qu’aux autres ! »

TAÏNA ET CLÉMENT (CMJ)
« Nous sommes là en tant que représentants du CMJ pour apporter tout notre soutien aux élèves de Lakanal ainsi qu’aux professeurs blessés. Ce qui s’est produit est très choquant. On a déjà vu ça aux États-Unis ou dans les films, mais on ne s’y attendait pas ici, à Aubagne. Aujourd’hui on ne se sent plus vraiment en sécurité. »