Dans sa décision du 16 avril, le maire Jean-Pierre Squillari scelle définitivement le sort de ce projet de l’ancienne majorité :
« Dans une volonté de protection durable du patrimoine naturel aubagnais, la modification n°1 du PLUi a substitué le zonage Ne par un zonage Ns. Ce nouveau cadre réglementaire interdit désormais tout projet de cette nature sur le site. »
Nous avons souhaité recueillir la réaction de Catherine Paradisi, présidente du collectif Carrière Borie, mobilisé contre le projet :
Que pensez-vous de cette décision ?
«C’est une excellente nouvelle pour le collectif mais aussi pour le quartier de la Pérussonne et la ville d’Aubagne. Ce site est un poumon vert et un départ de randonnées qui fait partie du patrimoine des Aubagnais. Ses falaises magnifiques sont aussi un trésor géologique : c’est dernier site des Bouches-du-Rhône qui permet d’observer des formations cénomaniennes datant du Crétacé abritant des rudistes (organismes vivant au Crétacé). Il abrite plus d’une centaine d’arbres adultes et au moins treize espèces protégées ainsi que trois sources. »
Quelle était la raison de votre mobilisation ?
« Le projet de l’ancienne municipalité était d’enfouir ce lieu sous 450 000 tonnes de déchets inertes non recyclables, pour planter des petits arbres sur le remblai.
Mille camions par mois devaient traverser la zone ZNIEFF (zone naturelle d’intérêts écologique, faunistique et floristique) du camp de Carpiagne pendant trois ans, artificialisant l’équivalent de 8 terrains de football. Ces allers et retours auraient aussi grandement gêné les espèces protégées présentes sur le camp (le loup, l’aigle de Bonelli et le Circaète Jean-le-Blanc…). »
Votre action prévoit-elle une suite ?
« Le site de cette ancienne carrière protège le quartier de la Pérussonne des ruissellements et des incendies : en le préservant, nous avons préservé l’intérêt général. Le maire Jean-Pierre Squillari envisage sa sécurisation. Pour nous c’est indispensable, et nous sommes à sa disposition pour y travailler avec ses équipes. D’autre part nous restons mobilisés, avec les autres collectifs aubagnais, habitants du Garlaban et La Louve, sur la thématique de la bétonisation, de la protection des espaces naturels et des terres agricoles. »