Jorgen Madsen, le choix de la France

« Je ne regrette rien »

Publié le

Madsen Jorgen l’a chanté à l’occasion du centenaire de la Légion d’honneur, comme un hommage vibrant à son parcours de légionnaire.

Né le 11 décembre 1932 à Hjorring au Danemark, il s’engage à la Légion étrangère en janvier 1955 et y restera 33 ans. Il obtient la nationalité française en 1970. Dès son arrivée, il part au combat en Algérie en tant que sergent. À la suite d’une blessure de son chef de section, il en prend le commandement. « C’était très rare. J’étais le plus jeune des sergents des régiments à commander une section en Algérie. Je m’en suis sorti » nous confie-t-il. Blessé à la jambe et à la main, il frôle la mort à deux reprises et perd un adjoint. Sa carrière le conduit à parcourir le monde : de Madagascar au Sahara, d’Algérie en Guyane mais aussi en France, à Marseille au Fort Saint-Nicolas puis à Aubagne.

Polyglotte maîtrisant le français, l’anglais, le danois, l’allemand et l’espagnol, il a exercé pendant près de dix ans comme interprète et traducteur. Il a participé également à la sélection des futurs légionnaires et en profite pour faire une mise au point : « On ne prend pas des voyous ! Jamais ! ». Sportif émérite, champion de natation au Danemark en 1951 et joueur assidu de handball, il rejoint en 1969 l’équipe d’Aubagne.  « Des jeunes sont venus me chercher alors que je jouais avec la Légion. Moi j’étais le plus vieux mais je me suis régalé. » Sa carrière d’une longévité exceptionnelle a également été couronnée de distinctions prestigieuses : médaille militaire, la plus haute distinction pour les sous-officiers (1961), Ordre national du Mérite (1984) et Légion d’honneur (2007) pour ses faits d’armes, ainsi que la médaille de la Ville (2024). Mais cette reconnaissance est d’abord pour lui collective : « Toutes ces médailles- une quinzaine au total-, c’est grâce à mes légionnaires. C’est grâce à eux si je suis encore vivant. »

En 2006, il a eu l’immense honneur de raviver la flamme de l’Arc de triomphe. Au-delà des combats, ce qu’il retient avant tout de la Légion, c’est cet esprit unique de solidarité. « La Légion, c’est ma famille. On se donne à fond bien sûr, mais en cas de problème ils sont là. On s’aide toujours. Cette entraide, on ne la trouve nulle part ailleurs. » Porte-drapeau de la Légion d’honneur depuis près de vingt ans, ce meneur d’hommes garde toujours, à bientôt 94 ans, sa fierté d’avoir servi la France. « Mon pays à moi, c’est la France. »