Dylan Bouson

Génération engagée

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Dans le groupe, sa grande taille le rend immédiatement repérable. Plutôt ouvert, avec un regard malicieux, Dylan Bouson, 14 ans, renvoie l’image d’un collégien à l’aise et bien dans ses baskets, entouré et apprécié. En décembre 2024, en classe de 5e, il a été élu avec cinq de ses camarades du collège Sainte-Marie au Conseil municipal des jeunes d’Aubagne (CMJ), pour un mandat de deux ans. Dans un monde qui semble parfois rude et incertain, qu’est-ce qui peut inciter un adolescent à s’engager au service des autres, en acceptant une responsabilité qui s’inscrit dans la durée et empiète sur son temps libre ? La question le surprendrait presque, comme si elle révélait davantage les préjugés des adultes que le prétendu égoïsme de la jeunesse : « J’ai toujours voulu faire bouger les choses, il y a beaucoup d’injustices et de préjugés ! Avec le CMJ, on ne va pas faire tourner la Terre dans l’autre sens, mais ça nous donne des idées sur ce qu’on pourra faire plus tard. Cela nous permet de mieux saisir le fonctionnement des institutions et la nature des responsabilités. »

Alors qu’il est en plein lancement des projets pour lesquels il a été élu avec ses camarades, Dylan témoigne d’une grande maturité et se projette déjà avec assurance vers l’avenir. Il fait aussi partie du Conseil départemental des jeunes en tant que suppléant. Cette expérience lui apporte énormément sur le plan personnel : « Elle m’a permis de me détacher des regards portés au collège, où l’on est souvent jugé à partir de stéréotypes. Au CMJ, chacun a des idées à défendre, et j’arrive plus facilement à faire entendre les miennes. » Le jeune Aubagnais grandit au sein d’une famille recomposée, avec quatre frères.

Les sujets qui le passionnent et qui constituent le cœur de son engagement sont les inégalités, les préjugés, la xénophobie et la protection des animaux. Il est convaincu que l’éducation joue un rôle essentiel : « Notre génération a la chance de grandir dans un cadre éducatif ouvert, tant à l’école qu’à la maison. Je reste optimiste : il est possible de parvenir à l’entente, grâce au dialogue, aux compromis et au respect des choix d’autrui. Il faut apprendre à appréhender les situations avec le regard des autres. » Dans son expression de jeune citoyen, sans jamais ressentir le besoin de la formuler, la devise nationale transparaît naturellement, avec toute sa force, son authenticité et, surtout, sa promesse d’avenir.