Ahmed Bouchiber

Un round pour la gloire

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Membre de la « Boxing Team Louragh » installée au cœur du quartier du Charrel, Ahmed Bouchiber n’a pourtant pas choisi la boxe par passion : son père, qui cherche à le canaliser et lui éviter des erreurs de jeunesse, le convainc de s’inscrire à un cours de boxe. Ahmed tombe aussitôt amoureux de la discipline : « J’ai découvert le lâcher-prise, la tranquillité qui t’envahit lorsque tu t’es bien défoulé ! » Combat après combat, Ahmed développe des qualités qu’il n’imaginait pas, et d’abord un mental d’acier : « Il ne lâche jamais ! » souligne Omar Louragh, son entraîneur. « Ses combats sont spectaculaires, il sait créer l’engouement autour de lui ! ». Sur le ring, le garçon, calme et réservé, se transforme en guerrier redoutable. Il avoue ne pas consacrer trop de temps à étudier ses adversaires, préférant travailler sur ses propres qualités et renforcer ses points faibles.

Lorsqu’il se glisse entre les cordes et se présente sur le ring le soir du 10 octobre, Ahmed sait que la victoire ne peut lui échapper. Il a préparé ce championnat du monde de kick-boxing, summum d’une carrière de dix années, avec une détermination presque surhumaine : « J’ai consacré 3 mois et demi à un entraînement intensif, 5 heures par jour. Je me suis fait aider par un coach mental, je suis allé jusqu’à pleurer de douleur et de fatigue, à l’entraînement, chez moi… Mais je savais que je ne pouvais pas faire plus. Je ne pensais qu’à gagner, rien d’autre ne pouvait arriver ! » De fait, lorsque son adversaire tombe à genoux avant la fin du premier round, Ahmed Bouchiber laisse exploser sa joie : il vient de remporter la prestigieuse ceinture mondiale WACO en poids léger, deux semaines avant ses 30 ans.

Ce titre décroché à maturité bouleverse la fin de sa carrière. Alors qu’il s’était donné une limite à partir de 30 ans, de nouvelles perspectives s’ouvrent à lui. Ses nouveaux challengers se bousculent déjà à la pesée ! « Je garde les pieds sur terre. Ce titre ne m’a pas changé, je suis resté simple. J’aime la vie, mes amis, ma famille ! » Reconnaissant du travail exceptionnel réalisé dans son club du Charrel par son coach Omar Louragh et ses coéquipiers, il envisage une deuxième partie de carrière consacrée à l’entraînement des plus jeunes : « Je suis pour l’instant le seul champion de monde de ma génération dans la région. J’ai envie de transmettre mon expérience aux jeunes boxeurs pour qu’ils puissent se persuader que tout est possible. » Et pourquoi pas une deuxième ceinture lorsqu’il remettra son titre de champion du monde en jeu au printemps prochain ?