Histoire : L’Œuvre de jeunesse Saint-Louis de Gonzague

180 ANNÉES D'ÉDUCATION, DE TRANSMISSION ET DE FRATERNITÉ.

Quel habitant d’Aubagne âgé de plus de 70 ans n’a pas en mémoire « l’Œuvre » ? Ce patronage destiné aux garçons, qui a vu passer plusieurs générations d’enfants pendant plus de cent vingt ans, était installé à la fois dans des locaux paroissiaux et dans la chapelle Saint-Louis, aujourd’hui intégrée au lycée Sainte-Marie.

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Animé par la volonté d’éduquer la jeunesse à travers la pédagogie du jeu, un premier patronage est fondé dès 1836 dans le presbytère. Victime de son succès, il doit rapidement être remplacé par un nouvel établissement construit sur un terrain acquis en 1842 auprès de la famille Isnard. Après quatre années de travaux, la chapelle dédiée à Saint Louis de Gonzague, patron de la jeunesse chrétienne, est bénie le 9 février 1846 par Monseigneur Eugène de Mazenod. Plusieurs prêtres en assurent la direction, parmi lesquels deux laisseront une empreinte inoubliable : le chanoine Joseph Gabriel, dit Mestre Manche (1841-1930) et Jules Dol (1894-1988).

Nommé directeur de l’Œuvre Saint-Louis en 1865, le premier est à la fois latiniste, musicien et poète. Observateur attentif de la vie quotidienne des Aubagnais, il a laissé dans les archives près d’une dizaine de manuscrits. Soucieux de poursuivre l’œuvre de l’historien d’Aubagne, le Dr Jean-Louis Barthélémy, il retrace ainsi l’histoire de la paroisse depuis la Révolution jusqu’en 1930 ainsi que celle de toutes les communautés religieuses qui se sont implantées dans la ville depuis le XVIe siècle.

En 1924, Jules Dol prend à son tour la direction de l’Œuvre. Il introduit, dès 1928, l’éducation gymnique et fonde une fanfare, « la Jeune Phalange », qui comptera jusqu’à 80 musiciens. Rapidement reconnue, celle-ci parcourt toute la Provence. De nombreux Aubagnais gardent en mémoire les soirées de théâtre et de cinéma muet, les pastorales, les excursions, les voyages ainsi que la colonie de vacances de Saint-Cyr-sur-Mer – l’une des premières de France – qu’il encadrait.

La grande cour ombragée de l’Œuvre fourmillait alors de plusieurs centaines d’enfants et d’adolescents, les dimanches et pendant les vacances. On y jouait aux billes, au ballon, ou à divers jeux mis à disposition. Un bassin faisait office de piscine, pour la plus grande joie des enfants. La pratique sportive occupait une place importante : football, course à pied et gymnastique rythmaient la vie du patronage. Les festivals de gymnastiques et de fanfare constituaient des événements très attendus, où toute la population se pressait.

La crise des patronages dans les années 1960 entraine la désaffection partielle de la chapelle. En 1979, les locaux paroissiaux sont transformés en Lycée d’Enseignement général et Technique au Lycée Sainte-Marie. Aujourd’hui encore, cette institution fait vibrer au cœur de son projet éducatif les valeurs de d’humilité et de fraternité, veillant ainsi à transmettre l’esprit de cohésion et le sens du devoir.