Patrimoine : L’Observance : du haut de ce clocher, quatre siècles contemplent les Aubagnais !

Doté d’une particularité architecturale originaire de l’ancien Comté de Nice et du Piémont italien, notre clocher en belles pierres de taille domine les toitures de la ville. Il est l’unique représentant dans les Bouches-du-Rhône de la trentaine de clochers triangulaires répertoriés dans le sud-est de la France.

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Le couvent de l’Observance donne son nom à tout un quartier nouvellement établi au début du XVIIe siècle sur des terres à l’est de la cité médiévale. Sa fondation s’inscrit dans le contexte religieux de la Réforme catholique qui voit la France se couvrir de lieux de culte. Aubagne accueille alors de nouvelles congrégations et confréries de pénitents. Les frères mineurs Observantins s’installent en 1610 dans la ville neuve en faisant l’acquisition de vingt-quatre parcelles. Cinq sont réservées pour la place de l’Observance (aujourd’hui place Joseph Rau) tandis que les autres reçoivent les bâtiments conventuels, le jardin, le cimetière et la grande église, sous le vocable de Notre-Dame d’Espérance, dont la première pierre est posée le 12 mai 1613. Le clocher triangulaire élevé sur une belle trompe est construit en 1675 selon l’ordre toscan.

Très dévoués à la population, notamment pendant la peste de 1720, seuls quatre frères Observantins sont encore présents à la veille de la Révolution. Les bâtiments, saisis, commencent alors leur lente disparition. Plusieurs sont vendus et l’église est abattue en 1890 pour créer une place publique. Son collatéral gauche, la chapelle de Notre-Dame du Bon-Secours, est démolie pour laisser place aux nouvelles Halles en plein air en 1973. Le marché au détail de l’Observance est né, il fonctionnera tous les samedis pendant près de 30 ans.

Aujourd’hui, que reste-t-il de cet ensemble ? La Sainte Table, transportée en 1929 dans l’église de Camp-Major en cours de construction. Une Vierge à l’enfant du XVIIe siècle, en marbre, de l’artiste génois Léonardo Mirano, placée en 1969 à l’église Saint-Sauveur. Un beau vitrail, une première fois sauvé et enchâssé dans le Petit Monde de Marcel Pagnol, conservé aujourd’hui en mairie-annexe. Le clocher triangulaire, consolidé en 1977 et la Chapelle des Filles de Marie (aujourd’hui Saint-Jérôme). Cette dernière abrite une très belle crèche provençale* réalisée par Daniel Scaturro, maitre-artisan santonnier et meilleur ouvrier de France, ainsi que les tableaux d’Albert Lopez, gendre de Thérèse Neveu, notre talentueuse santonnière qui sera célébrée tout au long de l’année 2026.

*Visites possibles le mercredi de 9h à 11h