Habitat

Les Castors : vers l'accession à la propriété

Dans diverses villes françaises, les coopératives d’habitation, auxquelles le mouvement des Castors a donné l’exemple, ont permis aux familles modestes d’accéder à la propriété. Ce fut le cas à Aubagne, avec la résidence des Castors, puis la Société coopérative des castors municipaux.

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Dans diverses villes françaises, les coopératives d’habitation, auxquelles le mouvement des Castors a donné l’exemple, ont permis aux familles modestes d’accéder à la propriété. Ce fut le cas à Aubagne, avec la résidence des Castors, puis la Société coopérative des castors municipaux.

À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, la grave pénurie de logement conduit des familles modestes et mal logées à se regrouper en coopérative afin d’assurer ensemble, en s’impliquant dans les travaux, la construction d’un habitat salubre. On les surnomme alors les Castors. Parallèlement à ce mouvement d’autoconstruction, de nombreuses sociétés coopératives d’Habitations à Bon Marché mènent une activité d’accession progressive à la propriété, appelée « location-attribution ». C’est le cas de « La Pierre du Foyer », créée en 1890 à Marseille par Eugène Rostand, président de la Caisse d’épargne des Bouches-du- Rhône, qui donnera naissance, soixantequatre ans plus tard, à la société coopérative « La Pierre du Foyer » Aubagne-Castors.

Deux expériences à Aubagne

Présidée par Gustave Coste, sacristain de la paroisse Saint-Sauveur, cette coopérative naît de la volonté de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, association catholique de laïcs bénévoles, d’acquérir un terrain à Aubagne afin de permettre à des familles « peu fortunées, notamment des ouvriers et des employés vivant principalement de leur salaire ou de leur travail », de devenir propriétaires de leur logement. En 1956, le projet se concrétise. « La Pierre du Foyer » Aubagne-Castors porte son choix sur un terrain de la rue Renarde, aux Aires Saint-Michel. L’architecte suisse André Rivoire, qui a participé à la reconstruction d’Oslo bombardée, y conduit l’aménagement de trois immeubles de quatre étages, soit 56 logements répartis autour d’une grande cour intérieure. Il s’agit de l’actuelle résidence Les Castors, que l’on croise en grimpant vers la médiathèque.

Près de vingt ans plus tard, la référence aux Castors réapparaît dans l’histoire d’Aubagne. La municipalité est cette fois à l’initiative, créant la Société coopérative des castors municipaux, destinée à aider à se loger ses employés les plus modestes. Une trentaine de villas individuelles voient le jour sur un terrain situé route de Beaudinard, dans le quartier de la Fondude. À l’aide d’un apport personnel, d’un prêt hypothécaire, ou encore d’heures de travail supplémentaires au bénéfice de la municipalité, les familles sociétaires deviendront, avec le temps, propriétaires au Clos fleuri.