Peinture de Jean-Frédéric Canepa

Culture

Jean-Frédéric Canepa : l'œuvre aubagnaise

Le service Archives Patrimoine projette la restauration de l’une des compositions commandées par la commune à Jean-Frédéric Canepa, peintre marseillais et ami de de Marcel Pagnol auquel il confia plusieurs illustrations pour sa revue Fortunio.

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Marseille, 1934. À peine a-t-il achevé la décoration du casino de Constantine que Jean-Frédéric Canepa s’attelle à celle de notre hôtel de ville. Depuis une première commande, deux ans plus tôt, pour le nouveau palais de justice marseillais, l’artiste mène de front la composition de fresques décoratives et son œuvre peinte sur chevalet. Ses toiles représentent, tout comme celle de Louis Audibert, Joseph Frégier ou André Verdilhan, l’école française provençale et sa prédilection pour les paysages méditerranéens colorés et les scènes portuaires. Il est d’ailleurs possible d’admirer aujourd’hui à la Fondation Regards de Provence, située à proximité du Mucem, sa très belle toile Démaillage des poissons datant de 1930.

Dans son atelier du Vieux-Port, Canepa peint pour Aubagne des scènes champêtres comme les labours sur les hauteurs d’Eoures avec le centre ancien en arrière-plan, les moissons à SaintPierre-lès-Aubagne (tableau aujourd’hui en bonne place dans la salle Paul-Dol de l’hôtel de ville); une autre résolument moderne, par le thème – une course à pied – et par le corps en action du coureur de tête, qui s’impose au premier plan en short jaune et maillot rayé jaune et blanc.

La décoration des navires

En 1937, à l’occasion de l’exposition universelle, Canepa est remarqué pour la qualité de sa participation à la décoration du Pavillon de la Provence. Cette même année, l'artiste marseillais amorce celle de plusieurs navires. Ses panneaux voyageront notamment à bord du paquebot Gouverneur-général Lépine lors de ses missions héroïques menées sous pavillon britannique pendant la Seconde Guerre mondiale; du Sidi-Bel-Abbès, filleul de la Légion étrangère sur lequel les derniers éléments du 1er régiment étranger effectuèrent en 1962 leur retour d’Oran avant de prendre leurs quartiers à Aubagne.

Si les tableaux de Canepa sont soigneusement conservés à la Fondation Regards de Provence et au musée Cantini (c’est en 1937 que la Ville de Marseille acquiert une première toile de Canepa, Les Glaïeuls), son œuvre décorative mérite aussi d’être préservée. La restauration à venir de l’un des panneaux aubagnais va y contribuer.