Robert Reissian

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C’est incroyable, vous êtes un magicien qui fait durer les chaussures  » s’exclame une dame qui découvre les merveilles que Robert, le cordonnier de la rue Martinot, a accompli sur une vieille paire de bottines. « J’essaie de faire au mieux », rétorque l’homme modestement au moindre compliment.

Robert Reissian dans sa cordonnerie rue RastégueRobert Reissian ne compte plus les paires de chaussures qu’il a remises sur pied depuis le jour de 1974 où il a décidé d’apprendre le métier auprès de son papa dans cette boutique de la rue Martinot ouverte par son grand-père en 1935. Il se souvient qu’il n’aimait pas trop l’école, lui le manuel. Le métier n’est tout de même pas venu immédiatement. Il a fallu regarder, écouter les conseils du papa. L’essentiel est d’apprendre à couper, à parer avec le tranchet, l’outil de base du cordonnier. « Quand tu sauras aiguiser un tranchet, tu seras cordonnier » lui a dit son père qui continue de passer par la boutique quotidiennement pour amener la viennoiserie du matin à son fils.« Sans le tranchet tu ne peux pas travailler, explique Robert, et quand il ne coupe pas, c’est dangereux », poursuit-il en répétant le geste pour la énième fois de la journée sur la pierre à aiguiser de son grand-père maître bottier.

Quand on lui demande s’il envisage de changer de boutique il répond immédiatement par la négative. « Je suis chez moi ici. Et maintenant avec les travaux la rue va embellir, c’est un plus pour nous les commerçants. » Il aimerait bien que l’on remplace les barrières par des bacs à fleurs. « C’est plus joli les fleurs », ose-t-il avec cette voix très douce et cet accent si chantant. « Les places bleues ont déjà apporté une amélioration, ajoute Robert, alors même si c’est un peu calme pendant les travaux, je ne doute pas que les clients reviennent. »

Lorsqu’il ne travaille pas à la boutique, Robert passe au garage pour bricoler ses motos anciennes et autres scooters tout droit sortis d’un film de Pasolini. C’est une passion, mais ce n’est que du loisir, de l’échappatoire. « Les motos je les retape et les sors au feeling ! ». Vous les remarquerez en passant dans la rue, elles varient quasiment quotidiennement. « La moto devant la boutique, c’est le signe que je suis là », précise t-il en reprenant un soulier qu’il réparera, puis lustrera avec une de ces brosses colorées suspendues à une étagère. « Les chaussures, je les rends propres et cirées. En principe j’ai toujours la bonne couleur. J’aime que l’on me gâte, alors je gâte les clients » conclut-il.

Portrait paru dans l'AJJ N°805 - Avril 2017


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