Miguel Nosibor

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Combien d’années peuvent bien façonner ce corps dessiné par la danse qu’est celui de Miguel Nosibor ? Inutile de lui demander, l’artiste avoue ne plus donner son âge. Pour le savoir, il faut se pencher sur son parcours. Long et forcément riche.

Miguel avec l’ensemble des danseurs des ateliers hip-hop célèbrent les 10 ans de la compagnie En Phase.  Car Miguel Nosibor est un pionnier du hip-hop en France. Cette « street dance » née d’un mouvement socioculturel contestataire aux Etats-Unis dans les années 1980, avec son lot de graffs, de tags et sur fond de musique rap, dixit le Larousse. « Je suis tombé dedans en regardant la télévision. J’avais 16 ans et j’ai vu un gars tourner sur le dos. Je me suis dit, je veux faire ça ! Cette danse-là, elle me parlait viscéralement. Son mouvement, sa gestuelle, sa musique moderne pour l’époque… Et surtout ses valeurs ». Puisées dans le message philosophique d’Afrika Bambaataa, ce leader afro-américain du Bronx new-yorkais des années 1970, qui prônait l’évolution responsable, positive et pacifique de sa vie, en aidant les jeunes des ghettos à se diriger dans la création. « J’ai tout de suite compris qu’il y avait quelque chose à faire avec ce mouvement et ce vocabulaire. Alors j’ai beaucoup travaillé, me suis ouvert à d’autres disciplines, rencontré les personnes qui m’intéressaient, créé enfin des spectacles qui m’ont révélé. Ce n’est que plus tard, en 2007, que j’ai fondé ma compagnie « En Phase », pour y asseoir les deux axes qui me tiennent à cœur : la création et la transmission. » Soit, son travail de chorégraphe et celui de médiateur, pour qui « garder le contact avec le terrain, aller vers les autres », reste primordial.

Si le gosse d’Aubagne sait comment parler aux autres gosses d’Aubagne, enchaînant ses figures dans les maisons de quartiers, le langage universel qu’il véhicule par le hip-hop dépasse largement les frontières de sa ville natale. Touchant autant les âmes reclues de la prison des Baumettes que celles des centres chorégraphiques nationaux. Sans oublier la Guyane, terre de partenariat chorégraphique depuis seize ans. Et bien que « l’art de la rue continue à faire peur », Miguel Nosibor se réjouit de la mixité sociale que le hip-hop parvient doucement à fédérer. Notamment par le biais de rendez-vous donnés au public, telle que la Semaine des Cultures Urbaines, organisée en partenariat avec la Ville, et devenue cette année Impulsion. « Tous ceux qui nous applaudissent à la fin d’un spectacle ne sont pas seulement issus des quartiers. Il y a aujourd’hui dans le hip-hop un endroit où les gens se rencontrent. C’est un long chemin, il faudra encore du travail pour ouvrir les esprits. C’est notre responsabilité à nous, les acteurs du mouvement, d’aller dans ce sens ». La battle entre les a priori et l’évolution des mentalités ne fait donc que commencer.  

Portrait paru dans l'AJJ N°806 - Mai 2017


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