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Les élus des Bouches-du-Rhône mobilisés contre le projet de métropole

Alors que le Sénat entamait jeudi 30 mai l'examen du projet de loi pour la création de la métropole Aix-Marseille-Provence, 200 personnes, dont une trentaine d'élus des Bouches-du-Rhône, ont manifesté devant le palais du Luxembourg. 6 sénateurs les ont rejoints pour réaffirmer leur opposition au projet.

Les 6 sénateurs (les socialistes Samia Ghali, Roland Povinelli et Serge Andreoni, la communiste Isabelle Pasquet et les UMP Sophie Joissains et Bruno Gilles) avaient demandé une salle au sein du sénat pour faire une conférence de presse. Demande refusée. C'est pourquoi c'est dehors, sous un ciel menaçant et face à la porte principale de la Haute assemblée, qu'ils ont rejoint la trentaine d'élus bucco-rhodaniens venus exprimer leur refus de ce projet de loi de décentralisation, porté par Marylise Lebranchu, ministre de la réforme de l'Etat, de la décentralisation et de la fonction publique,

Premier à se présenter au micro, Daniel Fontaine, le maire d'Aubagne, a d'abord indiqué que les élus présents, représentant les 109 maires des Bouches-du-Rhône opposés à ce projet, « sont venus dire à madame Lebranchu et à l'ensemble des rapporteurs de ce projet de loi que nous n'en voulions pas [de cette loi] avant qu'elle soit présentée au sénat et nous continuons, après les avoir entendus la présenter ce matin, d'affirmer clairement que nous n'en voulons pas. »
« Nous avons mené une bataille extraordinaire jusqu'à ce jour et nous sommes prêts à la continuer. Et nous savons que la volonté populaire finit toujours par triompher ! »

Succédant à Daniel Fontaine au micro, le sénateur Roland Povinelli a d'abord réaffirmé sa déception quant au fait qu'aucune salle n'ait été mise à disposition pour tenir une conférence de presse au sein du sénat. Puis il a insisté sur le caractère historique de la mobilisation des 109 maires, sur les 119 que comptent les Bouches-du-Rhône, qui se rassemblent « pour combattre cette loi liberticide ». « C'est la première fois, a-t-il ajouté, que 7 sénateurs sur 8, tous partis politiques confondus, s'unissent pour un même combat ». « Jamais je n'aurais pensé, moi militant socialiste, qu'on en arriverait là », s'est ensuite ému le maire d'Allauch. « Qu'un gouvernement socialiste plante un coup de poignard dans le dos à François Mitterrand, à Pierre Mauroy et à Gaston Defferre qui ont fait voter les lois de 82 de décentralisation (...) c'est proprement scandaleux » a-t-il conclu à l'adresse du président de la république.

« C'est la visibilité d'un combat qui est inaudible depuis Paris » a souligné pour sa part Magali Giovannangeli, la présidente de la communauté d'agglomération du Pays d'Aubagne et de l'Etoile. « C'est bien que nous soyons ici, élus du département des Bouches-du-Rhône, pour dire : écoutez-nous, il ne suffit pas d'annoncer pendant 45 minutes qu'on va respecter les libertés locales et les refuser lorsqu'il s'agit des villes du Sud de la France. Le Sud n'est pas un sous-pays, il fait partie de la république ! » a tonné la présidente de l'Agglo. « La république, il faut qu'on la respecte, et nous on respectera nos engagements

« Cette métropole est l'arbre qui cache la forêt, elle n'apportera rien à Marseille » a affirmé ensuite Samia Ghali. La sénatrice marseillaise considère que sa ville « a besoin de l'aide de l'Etat. Nous sommes à Paris, donc il est normal que le gouvernement aide Paris, mais il serait normal aussi que le gouvernement aide Marseille. Ça n'est pas avec des mots qu'on aidera Marseille mais avec des moyens financiers. (...) Tant que je n'ai pas les engagements du premier ministre sur les moyens donnés à Marseille, en aucun cas je ne voterai cette loi. (...) Aujourd'hui Marseille a besoin de se développer, la France a besoin de Marseille pour en faire une deuxième capitale, une capitale méditerranéenne. Et pour cela l'Etat doit reconnaître Marseille en tant que telle ».

« Dans cette loi, il y a un virus qui depuis plus de 30 ans ronge la France, a grondé Georges Cristiani, c'est le virus de la perte de la démocratie, de l'éloignement des élus de leurs électeurs.» Le porte-parole des maires anti-métropole a jugé en effet que ça n'était pas sans raisons si les élus et sénateurs de Paris refusaient ce projet de métropole pour leurs territoires. « Je suis malheureusement obligé de reconnaître que les sénateurs qui porteurs des valeurs de gauche ici sont déçus par ce gouvernement qui a pratiqué la politique du coucou : il a pris les mêmes articles de loi que ceux qui avaient été proposés par le gouvernement précédent. Et c'est bien le problème : la démocratie s'étiole parce qu'on éloigne de plus en plus l'électeur de l'élu. » 
« Je n'accepterai pas, a affirmé avec force le maire de Mimet, qu'une loi quelle qu'elle soit, ronge cette démocratie locale.»

« Ce combat est juste pour nos communes, a martelé Gaby Charroux, mais il est juste aussi pour nos populations, parce que c'est la démocratie qui est en jeu si demain les élus que nous sommes ne représentent plus rien du tout pour les citoyens de leurs territoires ». « Nous sommes inquiets et nous sommes en colère, a poursuivi le député-maire de Martigues, mais je suis persuadé que les sénateurs des Bouches-du-Rhône très majoritairement - 7 sur 8 - qui, avec le groupe auquel j'appartiens à l'Assemblée nationale, pourront faire entendre la voix juste des populations et des élus pour la défense de nos communes dans les Bouches-du-Rhône.»


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