Emploi : agir pour la bonne clause
En avril, à l’occasion des Rendez-vous pour l’emploi, l’Agglo a présenté le bilan 2011 de l’application de la clause d’insertion dans les règlements d’appels d’offres des marchés publics. Un dispositif dont ont bénéficié 134 personnes, parmi lesquelles 81% de jeunes de 17 à 25 ans.
«Franchement, le bâtiment, c’est mon job. J’ai vraiment envie de continuer l’aventure avec eux », déclare Nordine, 25 ans, embauché en CDD-CIE (contrat aidé) de six mois sur le chantier de construction du nouveau collège Joliot-Curie. « Je crois qu’ils vont prolonger mon contrat », poursuit, rassuré, ce jeune habitant de La Tourtelle. Après une formation de coffreur-bancheur, il était sans travail depuis trois ans. En septembre dernier, sa candidature a pu être proposée aux Travaux du Midi dans le cadre de la clause d’insertion. Celle-ci réserve, dans une commande publique, un certain pourcentage d’heures à des personnes en parcours d’insertion. Depuis 2006, l’Agglo applique cette clause à hauteur de 10% sur les marchés de travaux ou de service supérieurs ou égaux à 50 000 euros HT.
Pour être efficace, la clause d’insertion ne peut se contenter d’être une contrainte. Elle nécessite accompagnement et partenaires. « Les entreprises ont besoin d’aide pour définir et anticiper leurs besoins, pour recruter… De leur côté, des personnes qui n’ont pas travaillé depuis longtemps, ou travaillent pour la première fois, ont besoin d’être soutenues », explique Florence Chevalet, qui coordonne et garantit l’application de cette clause au service Economie, emploi, insertion et formation de l’Agglo.
Sur 180 contrats de travail signés dans ce cadre en 2011, 91 l’ont été par l’association intermédiaire Avenir Emploi qui met des salariés en parcours d’insertion à disposition d’entreprises clientes. « On fait le lien entre deux mondes, avec chacun leurs contraintes, leurs préjugés, leurs freins et leur bonne volonté », souligne David Forsans, qui suit le parcours de Nordine depuis les deux premières missions d’intérim que lui a confiées l’association. « Nordine, tout comme Vincent, le conducteur de travaux, savent qu’ils peuvent me joindre à la moindre difficulté. L’objectif est de multiplier les chances de réussite. »
Pour Stéphanie Lesavourey, éducatrice spécialisée au service Prévention et référente du quartier de La Tourtelle, « un jeune qui travaille sur un chantier pendant six mois et réussit, cela crée de l’émulation dans le quartier, de vraies envies. Car, la priorité des jeunes, c’est, quoi qu’on en dise, de trouver du boulot. Notre rôle est de leur faciliter la tâche. Des structures comme Avenir emploi sont pour nous un outil formidable et pour les jeunes un tremplin. La clause d’insertion nous aide en renforçant la légitimité de ces structures auprès des entreprises. »
En 2011, 73 423 heures de travail ont été proposées à 134 salariés en insertion sur 22 marchés de travaux et 17 marchés de services. « Ce sont 69 entreprises qui ont participé à une politique publique d’insertion », souligne Florence Chevalet. Les chantiers à venir – celui du tramway notamment – devraient permettre à ce dispositif de renforcer encore son utilité au service de l'emploi. Pour que des jeunes comme Nordine aient le sentiment que le vent est enfin en train de tourner.
marie.michaud(at)aubagne.fr